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On vous aura prévenu : 25 pièces qui vont faire parler d’elles durant le Festival d’Avignon off 2019

Par Walter Géhin. Si chaque édition du Festival off d’Avignon présente son lot de pièces dont le succès est déjà écrit à l’avance, d’autres pièces remportent un succès d’autant plus éclatant qu’il se forme ex abrupto, porté par la combinaison thaumaturgique de bouche-de-festivalier-à-oreille-de-festivalier et de dithyrambe journalistique. Qui avait prévu, il y a deux ans, le triomphe du NoShow qui se jouait à 23h00 au 11 Gilgamesh Belleville ?

Cette année, il ne faut pas être grand clerc pour anticiper des salles pleines pour Un amour exemplaire au Théâtre du Chien qui fume (à 15h50), une adaptation de la bande dessinée de Florence Cestac (crayon à la main sur scène) et Daniel Pennac, dans laquelle joue Daniel Pennac. D’autres noms vont agir comme des aimants : Charles Berling qui met en scène Vivre sa vie au Théâtre des Halles (à 19h00), Omar Porras dans Ma Colombine, pièce écrite pour lui par Fabrice Melquiot, au 11 Gilgamesh Belleville (à 11h40), Clémentine Célarié dans Une vie au Chien qui fume (à 19h10), Denis Lavant dans La dernière bande au Théâtre des Halles (à 21h30), Andréa Bescond et Eric Métayer qui, après Les chatouilles, présentent Déglutis, ça ira mieux au Théâtre du Balcon (à 22h30). Ne devraient pas laisser indifférent, Gregori Baquet dans Le K au Buffon (à 14h45), Bruno Putzulu dans Les Ritals au Théâtre du Chêne Noir (à 19h15), Daniel et William Mesguich¹ dans Le Souper au Théâtre des Gémeaux (à 19h30), ou encore Christophe Malavoy dans La légende du Saint-Buveur au Chêne Noir (à 18h45).

Et puis, il y a ces pièces qui viennent prolonger un succès qui pour certaines semble inextinguible, comme Le porteur d’histoire de Alexis Michalik², au Théâtre des Béliers (à 22h35, plus trois matinales à 10h15 les 11, 18 et 25), Ensemble, dont ce sera le dernier Avignon, dans un théâtre duquel rêvait Fabio Marra, le Théâtre du Chêne Noir (à 17h00), Les chatouilles, également au Chêne Noir (à 20h45), ou Les passagers de l’aube à La Luna (à 12h40). La machine de Turing arrivera tout autant lancée, au Théâtre Actuel (à 10h10).

En y regardant de plus près, devraient afficher complet d’entrée ou très rapidement 40° sous zéro à La Manufacture (à 21H35), assemblage de deux pièces de Copi mises en scène par Louis Arene (qui avait fait sensation lors de l’édition 2017 avec Le chien, la nuit et le couteau), Le grand feu au Théâtre des Doms (à 22h00), où le trio Mochélan / Rémon Jr / Jean-Michel Van den Eeyden (Nés poumon noir en 2013) s’empare des textes de Brel, Crâne aux Doms (à 10h00), récit par Patrick Declerck de sa propre craniotomie, mis en scène par Antoine Laubin, Moi, Daniel Blake, adapté du film éponyme de Ken Loach (Palme d’or à Cannes en 2016), au Théâtre des Halles (à 16h30). Au 11 Gilgamesh Belleville, où Fida Mohissen et Laurent Sroussi multiplient les home runs depuis l’ouverture en 2017, au point d’en faire le nouveau lieu en vue du off, cette édition promet encore profusion de succès à haute valeur artistique, notamment pour la Compagnie des Dramaticules de Jérémie Le Louët qui devrait nuitamment attirer les foules avec Hamlet (à 22h10), pour le conteur Marien Tillet, flanqué de Mathias Castagné et Samuel Poncet, qui présente, après le très applaudi Paradoxal, sa dernière création, Le dernier ogre (à 14h45), ou pour J’ai rencontré Dieu sur Facebook, de et mis en scène par Ahmed Madani (à 11h50).

En parlant de Ahmed Madani, on se rappelle du succès phénoménal de F(l)ammes au Théâtre des Halles en 2017. Dans le même élan d’énergie fougueuse d’une certaine jeunesse qui couramment n’a pas l’occasion de se faire connaître sous son vrai jour, deux pièces qui feront probablement parler d’elles cette année : Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner, qui donne la parole à des mineurs en foyer d’accueil d’urgence, au Théâtre des Halles (à 11h00), et Désobéir – pièce d’actualité n°9 à La Manufacture (à 13h40, jusqu’au 14 seulement), qui comme F(l)ammes fait monter sur scène des jeunes femmes issues de l’immigration. Mais, s’il ne fallait citer qu’une pièce qui devrait s’imposer comme une évidence, il s’agirait de Pronom, du dramaturge anglo-canadien Evan Placey, mise en scène par Guillaume Doucet (Mirror Teeth à La Manufacture en 2014), une histoire d’amour entre deux lycéens, dont l’un décide d’entamer la transition pour changer de genre. Un fourni public adolescent emmènera certainement dans son sillage le public adulte, au 11 Gilgamesh Belleville (à 18h30).


¹ Lors du off 2019, William Mesguich joue dans Artaud-Passion, au Roi René (à 12h30), et dans trois pièces au Théâtre des Gémeaux : Macbeth (à 17h50), Le souper (à 19h30), et Chagrin pour soi (à 20h45). Ce à quoi s’ajoutent six mises en scène.

² Alexis Michalik double la mise aux Béliers avec, comme l’an passé, Intra Muros (à 10h15, plus trois nocturnes à 22h35 les 11, 18 et 25).


Photo : PRONOM, mise en scène de Guillaume Doucet, au 11 Gilgamesh Belleville à 18h30. Crédit photo : Caroline Ablain.

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