Pulvérisés-Crédit Stéphane Szestak

⌊CRITIQUE⋅OFF 2018⌋ PULVÉRISÉS, à Présence Pasteur

UN EXAMEN CLINIQUE DE LA MONDIALISATION DE LA SOUFFRANCE AU TRAVAIL.

Aux extrémités, froidement éclairées par des néons, d’une croix blanche —peut-être le symbole additif, mieux encore multiplicatif, qui sied à la productivité— une ingénieure roumaine (jouée par Simona Maicanescu), une ouvrière chinoise (Haini Wang), un team leader d’opérateurs téléphoniques sénégalais (Tony Harrisson), un responsable qualité français (Patrice Gallet).

À travers quatre histoires qui se croisent, se rejoignent, placées à différents niveaux de hiérarchie, en usine ou au bureau, le texte de Alexandra Badea s’attaque de manière frontale à la mondialisation et à la globalisation de la souffrance au travail. Jetlag, éloignement de la famille, tâches dénuées de sens, surveillance, travail à la chaîne, stress, relations déshumanisées, humiliations jusqu’à la perte de son nom pour être crédible au téléphone… La mise en scène et la scénographie de Vincent Dussart opèrent un examen clinique, sous la cruelle lumière des néons, celle des open spaces, des lignes de production, des salles de conférence, partagée avec les claustrés enclos à bétail et les abattoirs. Le grand troupeau continue son chemin, perdant ça et là les plus faibles ou les moins résignés, la direction psalmodiée par quelque relais qui une fois usé ou éclairé rejoindra les rangs, remplacé par d’autres. Une pièce sans concession, mais peut-on en faire face à ce sujet ?

—Walter Géhin, PLUSDEOFF


PULVÉRISÉS
À voir durant le FESTIVAL D’AVIGNON OFF 2018 à PRÉSENCE PASTEUR à 16h40, du 6 au 29 juillet, relâche les lundis. Réservation au 04 32 74 18 54.

Texte : Alexandra Badea © L’Arche Éditeur / Mise en scène et scénographie : Vincent Dussart / Avec : Patrice Gallet, Tony Harrisson, Simona Maicanescu, Haini Wang / Lumières : Jérôme Bertin et Alexandrine Rollin / Costumes : Lou Delville.

Crédit photo : Stéphane Szestak.

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