⌊CRITIQUE⋅OFF 2018⌋ LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ, à La Condition des Soies

Voici le grand fauve des plateaux qu’est William Mesguich emprisonné dans l’exiguë cellule d’un condamné à mort, des derniers instants duquel Victor Hugo a tiré un intemporel plaidoyer contre la peine capitale. La mise en scène de François Bourcier prend le parti de laisser l’acteur à la vélocité caractéristique fondre sur le texte hugolien adapté par David Lesne. Ainsi William Mesguich se démène, plus encore dans la cage mentale enserrant le condamné qu’entre les murs épais et noircis par les derniers mots et dessins laissés par les condamnés qui l’ont précédé. Il exhale, avant le dernier souffle, un flot de pensées ravagées par l’angoisse, qu’interrompt seulement le bruit des fers et des clés. Est-ce pour maintenant ?

Torture psychologique jusqu’à l’exécution, que le jeu nerveux et tourmenté de William Mesguich rend suffocante. Une façon d’aborder le texte qui s’entend, puissance du jeu superposée à la puissance du texte, au risque de privilégier l’immédiateté à l’évocation et à la suggestion, qui arborent une autre forme de puissance. Reste que dans ce registre de jeu, il y a peu d’acteurs de la trempe de William Mesguich.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF


LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ
À voir durant le FESTIVAL D’AVIGNON OFF 2018 à La Condition des Soies à 14h45, du 6 au 29 juillet, relâche le 16. Réservation au 04 90 22 48 43.

D’après Victor Hugo, adaptation : David Lesne / Mise en scène : François Bourcier / Jeu : William Mesguich / Lumière et vidéo : Romain Grenier / Régie : Guillaume Rouchet.

Crédit photo : Chantal Depagne / Palazon.

Publicités