candide qu'allons nous devenir crédit florian jarrigeon

CANDIDE QU’ALLONS-NOUS DEVENIR ? / m.e.s Alexis Armengol

Candide fait partie de ces textes qui, lâchés en pâture en guise d’initiation à la Philosophie, se présentent aux élèves impréparés dans une splendeur rébarbative. Le moins que l’on puisse dire est que Laurent Seron-Keller, dans cette adaptation dont Alexis Armengol a conduit la conception, se démène pour traduire sur scène le tour vivant et enlevé du texte de Voltaire. Accompagné par Rémi Cassabé au bruitage et à la guitare, il s’acquitte  de facéties parmi lesquelles on compte un plongeon dans une poubelle remplie d’eau, en même temps qu’il bondit d’un personnage à un autre (et ils sont nombreux) avec entrain. Hélas, en misant tout sur l’action et la performance de showman de Laurent Seron-Keller, le travail de vulgarisation d’Alexis Armengol perd de vue ce qu’il y a de pensée entre les lignes d’action, un manque de mise en perspective d’autant plus regrettable que les timides tentatives de réflexion s’embourbent dans l’affichage et le bricolage de mots-clés à l’intérêt très limité. Dans le registre de l’épopée rajeunie, Candide qu’allons-nous devenir se situe donc très en-deça de propositions récentes à La Manufacture, comme Ulysse nuit gravement à la santé (Marien Tillet) en 2015 et Iliade (Pauline Bayle) en 2016.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF


CANDIDE QU’ALLONS-NOUS DEVENIR ? / Conception : Alexis Armengol en collaboration avec Cindy Dalle, Laurent Seron-Keller, Rémi Cassabé (composition), Shih Han Shaw (dessin et vidéo), Matthieu Villoteau (son) / Sur scène : Laurent Seron-Keller et Rémi Cassabé / En régie : Lauriane Rambault, Matthieu Villoteau, François Blet / Regards extérieurs : Pierre Humbert et Isabelle Vignaud / Conseils techniques : Jean-Baptiste Dupont et Antoine Guillaume.

Crédit photo : Florian Jarrigeon.

Festival d’Avignon off 2017 / La Manufacture / 16h35 / du 6 au 26 juillet, relâche les 12 et 19.

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