L'HIVER DE LA CIGALE OCTOGONE

L’HIVER DE LA CIGALE / m.e.s Maria Cristina Mastrangeli

Le texte de L’hiver de la cigale, de Pietro Pizzuti, qui vient d’être publié chez Lansman Éditeur et que met en scène Maria Cristina Mastrangeli, est riche en ramifications. En confrontant une femme accusée du meurtre d’un ancien dictateur devenu sénateur à vie (dont elle s’avérera être la fille), Laura Welter, et son avocate, Nathalie Franchi, spécialiste de la Convention des Droits de l’Homme et fille d’une figure de la résistance contre le même dictateur, apparaissent des thèmes comme la légitimité du meurtre politique et la frontière entre résistance et terrorisme, mais aussi celui de la filiation et de l’héritage idéologique. Laura Welter refuse la ligne de défense proposée par Nathalie Franchi, qui vise à atténuer la peine en plaidant le parricide : elle veut faire entendre le seul mobile politique, un sacrifice qu’elle dédie aux générations futures. Laura Welter cherche aussi à raviver chez Nathalie Franchi la flamme idéologique de son père, domestiquée par son apprentissage du Droit. Enjeux multiples que la mise en scène de Maria Cristina Mastrangeli fait bien ressortir, entre parloir et cellule, entre souvenirs personnels et actes politiques. Créée lors de ce Festival, la pièce gagnerait cependant en densité et en force par le gommage de transitions quelque peu laborieuses et une utilisation de la partition musicale mieux dosée.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF


L’HIVER DE LA CIGALE / Texte Pietro Pizzuti (Lansman Éditeur) / Mise en scène Maria Cristina Mastrangeli / Avec Elsa Bosc, Maria Cristina Mastrangeli / Voix Armand Gatti / Chanson originale Burning lies Andrea Galeazzi interprétée par Ruppert Pupkin / Création lumières Jean-Pierre Michel / Régie lumières Vera Martins.

Crédit photo : .

Festival d’Avignon off 2017 / Artéphile / 19h45 / du 7 au 28 juillet, relâche les 12, 19 et 26.

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