dans la solitude des champs de coton alain timar

Théâtre des Halles, programme du Festival d’Avignon 2017, premières impressions

La programmation du Théâtre des Halles lors du Festival d’Avignon 2017 affiche pleinement l’ADN que décrivait dans ces colonnes, à la lisière de l’édition précédente, son directeur Alain Timár, évoquant « une curiosité pour la création contemporaine, avec des écrivains que je pourrais qualifier de classiques contemporains, et aussi des prises de risque, des auteurs peu ou pas connus. »

Parmi les classiques contemporains, Samuel Beckett, dont le court roman Worstward Ho, œuvre tardive où l’auteur interroge le processus créatif, est adapté en seul en scène sous le titre de son édition française, Cap au pire (Editions de Minuit). Jacques Osinski y dirige un acteur dont le retour à Avignon est fort attendu, Denis Lavant (à 22h00 en salle Chapitre).
Classiques contemporains (pour certains éternellement contemporains, les siècles passant sans altérer le qualificatif) qui se bousculent dans Logiquimperturbabledufou où Zabou Breitman, également à la mise en scène, s’appuie sur des textes de Lewis Carroll, Gogol, Kafka, Racine, Shakespeare et Tchekhov (à 19h30 en salle Chapitre).
Après Notte en 2015 et Adamov en 2016, Koltès est le classique contemporain qu’a choisi Alain Timár pour son unique mise en scène présentée lors du Festival 2017, Dans la solitude des champs de coton (Editions de Minuit), où Robert Bouvier, vu au Théâtre des Halles en 2016 dans François d’Assise, fait face à Paul Camus, vu dans ce même théâtre en 2015 dans Ô vous frères humains. Comme dans Tous contre tous, Alain Timár fait accompagner sa mise en scène par des percussions, ici la batterie de Pierre-Jules Billon (à 17h00 en salle Chapitre).
Metteur en scène ayant le vent en poupe, les années le feront peut-être passer du côté des classiques contemporains. Ahmed Madani présente sa pièce F(l)ammes, deuxième volet d’une trilogie ouverte par Illumination(s), où la parole est donnée à de jeunes femmes issues des banlieues (à 11h00 en salle Chapitre).

Au nombre des pièces d’auteurs moins connus, William’s slam de Marie-Claire Utz (Editions Lansman), mis en scène par le directeur sortant du Théâtre du Peuple de Bussang, Vincent Goethals, où l’écriture de Shakespeare sert de point d’appui à la rencontre d’une professeure de théâtre au crépuscule de sa vie avec une adolescente fan de slam (à 19h30 en salle Chapelle) ; Dans un canard (Editions Actes Sud-Papiers) de et mis en scène par Jean-Daniel Magnin, comédie qui « épingle la catastrophe de la société du travail. » (à 14h00 en salle Chapitre) ; À 90 degrés de et mis en scène par Frédérique Keddari-Devisme, seul en scène abordant le thème de l’addiction à l’alcool, au féminin (à 11h00 en salle Chapelle).

Enfin, au rayon des prises de risque, Est-ce qu’un cri de lapin qui se perd dans la nuit peut encore effrayer une carotte ?, seul en scène de et dirigé par Antoine Wellens qui s’annonce aussi expérimental qu’est turbulent son titre, éclairé quelque peu par le point de départ de la pièce : un père de famille, conduisant déguisé en lapin au retour d’une soirée, est contraint à une embardée pour éviter un lapin. Défilent alors souvenirs… (à 22h00 en salle Chapiteau).
Prise de risque plus mesurée avec Toys : un sombre conte de fées, tant la renommée de son auteure, Saviana Stanescu, et de son metteur en scène, Gábor Tompa, a acquis une dimension internationale, la pièce ayant d’ailleurs été créée, un beau succès critique à la clef, aux Etats-Unis en 2015. Deux femmes, d’origines très différentes, découvrent dans leur passé un secret commun (jeu en anglais, surtitrage en français / à 17h00 en salle Chapelle).

—Walter Géhin, PLUSDEOFF

(illustration: Dans la solitude des champs de coton, m.e.s Alain Timár)


THÉÂTRE DES HALLES (rue du Roi René), Festival d’Avignon 2017 (off) du 6 au 29 juillet 2017, relâche les 10, 17 et 24.

 Et aussi… Jésus de Marseille (Serge Valletti, m.e.s Danièle Israël) à 11h00, salle Chapiteau / Juliette et les années 70, 2ème volet de La Mate (Flore Lefebvre des Noëttes, m.e.s Anne Le Guernec) à 14h00, salle Chapelle / Vingt ans, et alors ! (Don Duyns, m.e.s Bertrand Cauchois) à 14h00, salle Chapiteau / Esperanza (Aziz Chouaki, m.e.s Hovnatan Avédikian) à 17h00, salle Chapiteau / I feel good (Aude Léger, Pascal et Vincent Reverte, m.e.s Vincent Reverte) à 19h30, salle Chapiteau / Le courage de ma mère (George Tabori, m.e.s David Ajchenbaum) à 22h00, salle Chapelle.

Publicités