LE CHIEN LA NUIT ET LE COUTEAU munstrum theatre

La Manufacture, programme du Festival d’Avignon 2017, premières impressions

On peut certainement parler, à la lecture de la programmation de la Manufacture pour son Festival d’Avignon 2017, d’une programmation de combat. En premier lieu par la présentation d’une exposition dont la commissaire est Sana Yazigi, créatrice du site creativememory, « expression intellectuelle et artistique de la résistance du peuple syrien ». Exposition à laquelle fait écho Sous le pont, un texte de Abdulrahman Khallouf mis en scène par Amre Sawah (18h45, du 18 au 23, relâche le 19, au Château Saint Amand), où « le temps d’une nuit, Jamal, jeune réfugié syrien vivant seul sous un pont, fait une succession de rencontres. » L’exil, encore, mais d’un point de vue différent, une génération plus tard, dans Maintenant que nous sommes debout de Vanessa Bettane et Séphora Haymann (19h55 intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19.)

Combat pour une certaine idée de la création contemporaine, tant le spectateur, plus encore peut-être que les années précédentes, sera invité à quitter sa zone de confort.
En se confrontant à la monstruosité, et à ses propres monstres : celle du terroriste Mohamed Merah, dans Moi la mort je l’aime comme vous aimez la vie de Mohamed Kacimi, mis en scène par Yohan Manca (17h20 à la Patinoire, du 6 au 11) ; Sebastian Bosse, auteur d’une prise d’otage dans son école d’Emsdetten (Allemagne) en 2006 à l’issue de laquelle il se suicida, dans Le 20 novembre de Lars Norén, mis en scène par Lena Paugam (11h00 et 15h00 à l’Université d’Avignon, du 8 au 18, relâche le 12) ; une mère infanticide, dans Sandre de Solenn Denis, mis en scène par le collectif Denisyak (13h45 à la Patinoire, du 6 au 26, relâche les 12 et 19) ; un homme qui devient « tueur pour ne pas être tué », dans Le chien, la nuit et le couteau de Marius Von Mayenburg, mis en scène par Louis Arene (15h20 à la Patinoire, du 6 au 26, relâche les 12 et 19) ; l’intégrisme religieux, dans Le fils de Marine Bachelot Nguyen, mis en scène par David Gauchard (13h10 intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19.)
Faut-il pour autant s’abîmer dans le pessimisme ? Traverser tout cela emmitouflé dans un optimisme béat ? Candide, qu’allons-nous devenir, d’après Voltaire, mis en scène par Alexis Armengol (16h35 intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19) préfère « révéler ce que nous possédons entre nos mains : la possibilité d’agir. »

En rompant avec les territoires conquis et reconquis pour gagner des formes sibyllines : Bildraum (19h15 à la Patinoire, du 6 au 26, relâche les 12 et 19), performance de la photographe Charlotte Bouckaert et de l’architecte Steve Salembier visant à ce que le spectateur construise, réminiscences et imagination, sa propre histoire ; Opium (20h40 à la Patinoire, du 6 au 26, relâche les 12 et 19), pièce à prismes multiples de Magali Milian et Romuald Luydlin ; Polis (19h00) mis en scène par Arnaud Troalic, où trois acteurs, depuis un container vitré, conversent avec un spectateur muni d’un casque et d’un micro (les autres seulement d’un casque), à propos du bonheur ; Still in paradise, performance de Yan Duyvendak et Omar Ghayatt (22h30 à la Patinoire, du 6 au 26, relâche les 12 et 19), au milieu du public, à la composition variant avec les choix de celui-ci, et traversée par le choc des civilisations.

En se mettant sur la sellette, même du côté des réjouissances —où l’on lorgnera, en quête d’accalmie, du côté des traditionnels Nightshots, voire du duo Rey/Saïkaly de retour avec Les garçons manqués – Les nouvelles de l’amour (21h20 intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19)—  pour happer les fulgurances de Pépito Matéo, émérite conteur-acteur (7… Lost in la Mancha à la Manufacture en 2014) dans Saturne (nos histoires aléatoires) (18h15 intramuros, du 17 au 26, relâche le 19), dont la case horaire sera occupée en première partie de festival par Fantazio, qui bisse avec son Histoire intime d’Elephant Man (18h15 intramuros, du 6 au 16, relâche les 7 et 12.)

—Walter Géhin, PLUSDEOFF

(illustration: Le chien, la nuit et le couteau, Munstrum Théâtre)

 


LA MANUFACTURE (2, rue des Écoles), Festival d’Avignon 2017 (off) du 6 au 26 juillet 2017.

Et aussi… Circuit (David Rolland), entre 10h00 et 13h30 au Château St Chamand du 6 au 18 juillet, relâche le 12 / Les déclinaisons de la Navarre (Claire Laureau et Nicolas Chaigneau), 10h20 à la Patinoire du 6 au 26, relâche les 12 et 19 / Aspartame (Constance Biasoto) précédé de la performance Maison-mur-château, 8h20 puis 10h20, cour intérieure du CHRH de la Croix-Rouge, du 9 au 19, relâche le 13 / Je garde le chien (Claire Diterzi), 11h30, intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19 / Est-ce que vous pouvez laisser la porte ouverte en sortant (m.e.s Sophie Rousseau), 14h55, intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19 / Aucun lieu (Frank Vigroux), 17h20 à la Patinoire du 15 au 22, relâche le 19 / Laïka (Ascanio Célestini, m.e.s David Murgia), 17h20 à la Patinoire du 12 au 14 // NIGHTSHOTS Cabadzi x Blier, 23h00, intramuros, du 6 au 14, relâche le 12 / Halfbreadtechnique, 23h00, intramuros, du 15 au 20, relâche le 19 / Réversible, 23h00, intramuros, du 21 au 26 // JEUNE PUBLIC/FAMILIAL J’ai trop peur (David Lescot / à partir de 7 ans), 10h15, intramuros, du 6 au 26, relâche les 12 et 19 / Le tarot du grand tout (Lamine Diagne / à partir de 7 ans), 11h55 à la Patinoire du 6 au 26, relâche les 12 et 19.

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