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Les Doms, programme du Festival d’Avignon 2017, premières impressions

À l’orée de l’édition précédente, sa première à la direction du Théâtre des Doms, Alain Cofino Gomez, dans un entretien accordé à PLUSDEOFF, détaillait le processus de sélection des spectacles représentant la Fédération Wallonie-Bruxelles lors du Festival d’Avignon. Surtout, il évoquait un tempérament. Sans doute le mot-clé de ce processus, qu’il explicitait ainsi : « Il faut que le spectacle m’étonne, me surprenne, me perturbe dans mon fonctionnement habituel, qu’il porte en lui quelque chose qui tient de la transgression de son propre médium. »

Au-delà du récurrent caractère généraliste de la programmation des Doms en juillet, qui veut qu’il y ait, aux côtés du théâtre contemporain, de la danse, du cirque, de la musique et au moins un spectacle qui s’adresse aux enfants, cette programmation est sans doute à aborder à l’aune de la recherche d’un tempérament perturbateur, voire transgressif.

Si parmi les quatre pièces qui figurent au programme du Festival d’Avignon 2017 des Doms, ne se découvre pas a priori de fragile et brillant ovni comme Nasha Movska joué l’an dernier, Is there life on Mars? (à 15h00) et L’avenir dure longtemps (à 10h30) promettent l’exploration de territoires à potentiel certain de perturbation, respectivement l’autisme et l’affrontement entre démence et conscience.
Is there life on Mars? (m.e.s Héloïse Meire) coche toutes les cases d’un carton critique et de fréquentation en juillet : plusieurs dates au Théâtre National de Bruxelles en janvier et au Festival de Liège en février qui lui ont valu des critiques dithyrambiques dans la presse belge, un sujet propice à l’empathie, l’autisme, abordé, de manière audacieuse, comme une autre forme d’existence, les acteurs servant de medium aux propos enregistrés lors de rencontres avec des personnes autistes et leur entourage.
L’avenir dure longtemps, récit autobiographique du philosophe Louis Althusser, que Michel Bernard adapte dans un seul en scène éponyme, a été écrit cinq ans après que l’auteur ait étranglé sa femme. Reconnu non responsable pour cause de démence, il fit l’objet de soins psychiatriques.

Les deux autres pièces, La vedette du quartier (à 17h15) et Tabula Rasa (à 19h35), certes avec un amer arrière-goût puisque parlant de trajectoire chaotique et de famille, paraissent être leurs contrepoids acides, utilisant la dérision, et aux vertus cathartiques.
Tabula Rasa (de et m.e.s Violette Pallaro), qui a effectué sa sortie de résidence aux Doms en novembre dernier, est présenté comme « un repas de famille pulvérisé. »
Après Liebman renégat (joué à la Manufacture d’Avignon en 2016, m.e.s David Murgia) qui évoquait son père Marcel, Riton Liebman présente aux Doms La vedette du quartier (m.e.s Jean-Michel Van Den Eeyden), premier volet d’une trilogie intitulée La thérapie comique, récit de sa carrière cinématographique entamée à l’adolescence dans Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier, du clinquant et des désillusions qui suivirent.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF

(illustration: Is there life on Mars, Cie What’s up, extrait du trailer)


THÉÂTRE DES DOMS (1bis rue des Escaliers Sainte-Anne), Festival d’Avignon 2017 (off) du 6 au 26 juillet, relâche les 12 et 19.

Et aussi… MUSIQUE Daisy Tambour (Tomassenko trio) à 21h30 aux Doms / Un Belge à Rio (Greg Houben) à l’AJMi // DANSE Nativos (Ayelen Parolin, Cie Ruda, Korea National Contemporary Dance Company)  à 17h45 au CDC-Les Hivernales // JEUNE PUBLIC Piletta Remix (Florent Barat) à 13h00 aux Doms // LECTURE dans le cadre de Lundi en coulisse, avec l’auteur haïtien Faubert Bolivar // RUE Thinker’s Corner (Dominique Roodthooft ) dans le cadre de Villeneuve en Scène // CIRQUE Pesadilla (Piergiorgio Milano) à 11h00 sur l’île Piot.

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