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Avignon 2016, un bilan contemporain

La tradition veut qu’à chaque fin de Festival soit publié un palmarès, un classement, un top des pièces. Sont même décernés de-ci de-là des titres de meilleur comédien, de meilleure comédienne, de meilleure affiche… L’année dernière vous trouviez ici un top 15 des pièces. Mea culpa. Car l’exercice a ses limites. Nombre exorbitant des propositions, diversité des registres… Il y a autant de festivals d’Avignon que de types de public, autant de classements que de suiveurs.

Partons vers quelque chose de plus modeste. Une liste de pièces extraites d’une fraction bien identifiée du programme : des écritures contemporaines, ou adaptations contemporaines de textes du répertoire, dont la mise en scène est présentée pour la première fois à Avignon. Plus restrictif encore, de l’audace dans la proposition. Audace dans l’écriture et/ou la mise en scène, au niveau de la structure narrative, du sujet et de son engagement, éventuellement de la distance par rapport au texte (l’audace peut se loger à bien des endroits, et pourtant se fait trop rare ; faute de vision, on propose des pièces « déjantées » en pensant être audacieux, ou bien on se cantonne à une mise en scène proprette, vue et revue, en pensant être grand style).

Ainsi, parmi les pièces vues cette année et répondant à ces critères… Une pièce très aboutie d’un point de vue artistique, TOUS CONTRE TOUS, mise en scène par Alain Timár (présentée au Théâtre des Halles) ; une prise de risque très réussie, NASHA MOSKVA co-m.e.s par Marie Bos, Estelle Franco, Francesco Italiano et Guillemette Laurent (Théâtre des Doms) ; des pièces de femmes de théâtre sur lesquelles il faudra probablement compter à l’avenir pour leur écriture et/ou leur mise en scène, DÉMONS m.e.s par Lorraine de Sagazan (la Manufacture), BOVARY, LES FILMS SONT PLUS HARMONIEUX QUE LA VIE m.e.s par Cendre Chassanne et Pauline Gillet (théâtre des Halles), À MES AMOURS par Adèle Zouane (la Manufacture), KING KONG THÉORIE m.e.s par Émilie Charriot (théâtre Gilgamesh), ILIADE m.e.s par Pauline Bayle (la Manufacture) ; du théâtre engagé qui ouvre l’esprit, MÉDINA MÉRIKA m.e.s par Abdelwaheb Sefsaf (théâtre Gilgamesh), GOING HOME m.e.s par Vincent Hennebicq (théâtre des Doms).

Neuf pièces qui ne constituent pas un top 9 de ce Festival, mais neuf pièces contemporaines qui attirent l’attention. Neuf pièces qui montrent les multiples directions qui s’offrent au théâtre pour renouveler son public. Neuf pièces qui mettent en évidence le travail des quatre théâtres d’Avignon qui se distinguent par leur constance dans la sélection avec prise de risque de pièces contemporaines : le théâtre des Halles, la Manufacture, le théâtre Gilgamesh et le théâtre des Doms. Il y a de la qualité ailleurs, là encore il ne s’agit pas d’énumérer un top 4 des théâtres d’Avignon, mais de dire que parmi les festivals que comporte le Festival Off, il y en a un, celui des pièces contemporaines à prise de risque, qui se répartit principalement sur ces quatre théâtres.

Toujours du point de vue du théâtre contemporain à prise de risque, cette édition 2016 fut sans doute la plus riche des cinq dernières années. Aux programmateurs de suivre le mouvement, de prendre à leur tour des risques pour faire vivre dans l’année qui vient ces pièces qui sortent de l’ordinaire, de quitter la zone de confort afin d’aller chercher de nouveaux publics.

Rendez-vous en juillet 2017 pour une nouvelle recherche des perles rares…

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

Crédit photo (de gauche à droite, montage PLUSDEOFF.com) : Olivier Allard, Hyun Woo Lee, Theo Boermans, Pauline Amez Droz, Pauline le Goff (*2),  Samir Hadjazi, Emilie Jonet, Octave Paute.

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