Medina Merika _ c_Samir Hadjazi

MÉDINA MÉRIKA / m.e.s Abdelwaheb Sefsaf

♥♥ vivement recommandé

Une ville d’Orient. Ali, un jeune cinéaste, gît au fond d’un trou, le crâne brisé par une brique, la cervelle éparpillée. Avant de mourir, il a éborgné son agresseur, sans pouvoir l’identifier. Ce dont il est certain, c’est que ce qu’on a tué, ce n’est pas lui, mais ce que portait son cinéma, dépouillé, novateur, tourné vers la jeunesse. Se constitue alors une mosaïque de points de vue sur cette affaire et sur la société, à travers ceux de la veuve, du borgne assassin, et d’un chien.

MÉDINA MÉRIKA est un brûlot subversif où filent les métaphores. La forme même de la pièce en est une, mélange de styles tant au niveau de la musique, du chant, de la danse et de la vidéo qui ponctuent les propos des uns et des autres et sont autant de ponts en Orient et Occident. Cette forme peut être vue comme une représentation du cinéma d’Ali, que son assassin a voulu faire taire, et comme une fin de non-recevoir au renoncement. Cette fin de non-recevoir sera d’ailleurs symbolisée par une chanson dédiée à Beyrouth, ville-phénix. Révoltes du peuple confisquées par les militaires, condition de la femme orientale (et par extension de l’occidentale), Abdelwaheb Sefsaf dissèque les maux engendrés par le conservatisme, monstre figuré par le « rat arabe » (qui finira d’ailleurs disséqué en image), rat pré-islamique n’ayant pas évolué depuis ses origines, et que les bonnes gens préfèrent au chat. Pourquoi devoir choisir entre Orient et Occident ? MÉDINA MÉRIKA est un cri, un refus d’obéissance.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com


MÉDINA MÉRIKA / Librement inspiré de l’œuvre d’Orhan Pamuk (Mon nom est rouge) /
Texte et mise en scène : Abdelwaheb Sefsaf / Direction musicale : Georges Baux et Abdelwaheb Sefsaf / Collaboration à la mise en scène et dramaturgie : Marion Guerrero / Musique : ALIGATOR (Baux/Sefsaf) / Scénographie : Pierre Heydorff / Costumes : Ouria Dahmani-Khouhli et les ateliers de la Comédie de Saint-Étienne / Photos et vidéos : Samir Hadjazi / Son : Tom Vlahovic / Lumière : Alexandre Juzdzewski / Avec : Marion Guerrero, Toma Roche, Abdelwaheb Sefsaf, George Baux (guitares, orgue), Nestor Kéa (live machine).

Festival d’Avignon OFF 2016 / Gilgamesh / 10h45 / durée : 1h30 / Du 7 au 30 juillet / Relâche les 11, 18 et 25 juillet.

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