la vie bien qu elle soit courte

LA VIE BIEN QU’ELLE SOIT COURTE / m.e.s Sophie Accard

⇔ mitigé

La compagnie C’est pas du jeu manie avec pertinence, depuis quelques années déjà, le théâtre de l’absurde, avec des textes de Jean Tardieu (De quoi parlez-vous ?). Et s’aventure une nouvelle fois sur ce terrain miné en puisant dans le répertoire bulgare une pièce de Stanislav Stratiev, La vie bien qu’elle soit courte. L’histoire, c’est tout le sel de l’absurde, est simple. Un architecte fort respectable (imaginez, il possède une Lada 1500, et a un mécanicien, qui plus est honnête) se rend à une énième commission afin de se prononcer sur cinq immeubles, de ces immeubles qui poussent comme des champignons pour y tasser la population, et sur les défauts desquels il ferme toujours les yeux. Sauf que cette fois, il a la ferme intention de prononcer un avis négatif, afin de donner un nouvel élan à sa vie. Mais il perd le bouton de son pantalon, qu’il est maintenant contraint de retenir à deux mains…

Les péripéties de l’infortuné architecte se divisent en deux parties. La première le voit effectuer du porte-à-porte à la recherche d’une bonne âme. Le prétexte à une galerie de personnages, campés par Sophie Accard et Tchavdar Pentchev. Malhonnêteté, folie, indifférence, mépris se succèdent dans de courtes scènes plutôt plaisantes. La seconde partie est bien meilleure, mettant aux prises l’architecte à un étrange employé d’atelier. Rigidité administrative, mauvaise foi, utilisation drolatique d’un stylophone… Certes les mimiques cocasses de Sophie Accard sont servies avec trop de parcimonie, mais on retiendra surtout l’opposition entre la longue silhouette de Léonard Prain entravée dans ses mouvements et la posture assise de Tchavdar Pentchev, yeux et sourire fous, qui est du meilleur effet dans sa combinaison avec l’humour absurde des dialogues. Si la pièce offre un potentiel qui reste ici à pleinement exploiter, LA VIE BIEN QU’ELLE SOIT COURTE offre un plaisir qui va crescendo.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com


LA VIE BIEN QU’ELLE SOIT COURTE / de : Stanislav Stratiev / Mise en scène : Sophie Accard / Avec : Sophie Accard, Tchavdar Pentchev, Léonard Prain / Musique originale : CASCADEUR / Lumières : Sébastien Lanoue et Kévin Hermen / Costumes : Atossa / Régie : Simon Corvevin.

Festival d’Avignon OFF 2016 / Théâtre Buffon / 14h55 / durée : 1h15 / Du 7 au 31 juillet.

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