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Camille Bardery : « J’ai des souvenirs magiques au Festival d’Avignon. »

C’était un soir de juillet à Avignon, il y a quelques années. Dans l’une des modestes salles de la Tache d’Encre, une comédienne pétillait dans deux « un acte » de Feydeau. Elle avait ce petit « plus » indéfinissable qui promettait de lui ouvrir bien des portes. Un « plus » qui depuis s’est épanoui au théâtre, dans des publicités, des séries, au cinéma, et s’est doublé de celui de Canal, dans Groland. Entretien avec Camille Bardery.

PLUSDEOFF.com : « Vous rappelez-vous de quelle manière et à quel moment de votre vie s’est formé votre désir de devenir comédienne ? »

Camille Bardery : « C’est arrivé très tôt et de façon très claire. J’ai eu l’occasion de monter sur scène régulièrement alors que j’étais enfant et j’ai vite été bouleversée par la sensation que j’éprouvais, qui était presque mystique. Je n’avais pourtant aucune facilité mais j’étais fascinée par la beauté de cet univers-là.
Je faisais régulièrement le clown en cours de danse classique et pour ma professeure, il semblait évident que je devais faire du théâtre. Elle s’en est occupée : j’avais 9 ans et j’ai appris des pages et des pages de Molière avec un plaisir et un appétit inouïs. Jouer rassemblait toutes les émotions possibles à la fois : ça me terrorisait, me surexcitait, me bouleversait aussi. »

PLUSDEOFF.com : « Vous étiez de passage en juillet au Festival d’Avignon en tant que spectatrice. Qu’y avez-vous vu d’intéressant ? »

Camille Bardery : « Des choses diverses et variées. Du IN (sublime Preljocaj) et du OFF. Je vais évidemment voir les copains, j’ai vu Énorme, pièce pour laquelle j’avais auditionné à Paris et que j’ai beaucoup aimée (j’adore le sujet, et le spectacle est très réussi), et j’ai vu beaucoup de seules-en-scène joués par des femmes, car j’en ai écrit un et j’étais curieuse. J’ai vu, entre autres, Les chatouilles, Sahar et Jeremy, Mon amour fou et Maligne. »

PLUSDEOFF.com : « Peut-on espérer vous revoir dans un avenir proche sur scène au Festival d’Avignon, IN ou OFF, avez-vous le désir d’y revenir, ou l’accélération de votre carrière ne le permet plus ? »

Camille Bardery : « J’adore le Festival d’Avignon.
La première fois que j’y ai mis les pieds, je n’en suis pas revenue. Et j’ai remercié le ciel que ça existe.
J’y ai des souvenirs magiques.
J’ai joué 5 spectacles à Avignon et j’ai l’expérience que ça doit se faire dans de bonnes conditions pour gérer un mois intense.

J’ai monté avec Sandra Everro, actrice et directrice du théâtre Le Funambule Montmartre, une capsule dans le cadre du Festival Mises en Capsules du Ciné 13 en juin dernier et je pense que, dans sa version longue, ce spectacle pourrait idéalement correspondre au Festival. C’est l’adaptation du scénario de Un baiser s’il-vous-plaît, film réalisé par Emmanuel Mouret : c’est drôle, intelligent, original et j’aime beaucoup la distribution (Romain Lancry, Sandy Besse et Benjamin Bourgois). Nous avons rencontré des producteurs et des directeurs de salle pendant ce festival. Le grand avantage d’Avignon, c’est que presque tous les professionnels du théâtre sont réunis.
Et pourquoi pas y jouer un jour mon projet de seule-en-scène ou un autre beau projet que l’on me proposerait. »

PLUSDEOFF.com : « Vous êtes depuis la rentrée 2014 aux côtés de Jules-Edouard Moustic dans Groland sur Canal+. En quoi cette expérience grolandaise est-elle enrichissante pour votre pratique de comédienne (vous apparaissez d’ailleurs comme telle au générique de l’émission) ? »

Camille Bardery : « Participer à une émission aussi libre et politiquement incorrecte est une chance incroyable. Cela fait partie des cadeaux inattendus de ce métier. C’est arrivé grâce à un casting de Christelle Graillot, qui s’occupe de la cellule repérage chez Canal+. C’est une expérience passionnante mais assez différente du théâtre.
Cette année, j’ai fait une partie de la tournée de Joyeuses Pâques —avec Roland Giraud, et mis en scène par Jean-Luc Moreau et Groland en même temps. Quand j’ai commencé à jouer la pièce, Moustic et Benoît Delépine me demandaient souvent d’ « arrêter de jouer façon théâtre » : « On n’est pas au théâtre alors surtout ne fais rien. » Face caméra, en gros plan, je n’avais pas le droit de bouger un sourcil alors que sur scène je pouvais gesticuler dans tous les sens. Et c’est lorsque je parvenais à rester la plus simple possible sur le plateau de Groland que tout marchait mieux. C’était très instructif, j’ai appris à me « régler ». »

PLUSDEOFF.com : « Quelle phrase de votre cru, citation ou règle vous guide dans votre carrière ? »

Camille Bardery : « Pour gérer la peur : « Derrière chaque peur, il y a un désir. » J’aime beaucoup cette façon d’envisager la peur et de la rendre positive.
Pour le reste, aller vers son désir (lui faire la place, le préciser et en prendre soin), faire confiance et lâcher prise. »

PLUSDEOFF.com : « Quels sont vos projets au théâtre, au cinéma, à la télévision pour la saison 2015/2016 ? »

Camille Bardery : « Au théâtre, il y a donc le projet de seule-en-scène et Un baiser s’il-vous-plaît. Il y a d’autres choses aussi mais c’est trop tôt pour en parler.
Je vais jouer dans Made in Groland le film actuellement en tournage, réalisé par Moustic et Benoît Delépine.
Je vais tourner en septembre dans un épisode d’une nouvelle série pour France Télévisions, La stagiaire, avec Michèle Bernier et Arié Elmaleh.
Je vais continuer Groland en faisant régulièrement des reportages, ils veulent développer « Chiara de Daddy reporter », ce qui me plaît beaucoup.
J’écris aussi des films indépendants avec deux co-auteurs, Eric Bu et Vincent Almendros. Nous venons de tourner notre troisième film ensemble. C’est notre premier long-métrage, tourné avec une équipe formidable, et je suis impatiente de voir le résultat. »

—Propos recueillis par Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

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