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LE MARCHAND DE VENISE / m.e.s Pascal Faber

Une dette garantie par une livre de chair, une héritière à laquelle le sort doit choisir un époux, une haine tenace entre deux religions. Pascal Faber met en scène LE MARCHAND DE VENISE de Shakespeare. La critique.

Le formatage visant à ne pas brusquer les palais peu aiguisés a encore frappé. Dans LE MARCHAND DE VENISE que met en scène Pascal Faber, c’est la manière de faire vivre le texte de Shakespeare qui navre l’envie, qui reste toujours présente chez le spectateur alerte, d’être surpris. Le jeu partage avec les costumes une facture classique, ce que l’on ne saurait reprocher. Mais dans ce registre, grâce et force n’apparaissent qu’à de trop rares instants pour faire oublier l’absence d’étincelle, celle qui naît de l’invention et de partis pris marqués de mise en scène. Les enjeux dramatiques sont comme dissous dans la monotone progression de l’action. Même la scène où les prétendants de l’héritière Portia ont à choisir un coffre parmi les trois qui leur sont présentés, l’une des parenthèses comiques que ménage l’auteur, reste ici une timorée incartade à la frilosité ambiante.

Le mérite que l’on peut accorder à cette mise en scène est de laisser le spectateur choisir, comme le font les prétendants avec les coffres, quel point de vue adopter lorsque le tribunal détermine si la livre de chair sera prélevée ou non sur le marchand Antonio, et retourne la situation au désavantage de l’usurier Shylock, amassant sur sa tête les calamités. Dans cette surenchère, qui est le plus cruel ? Shylock, qui par vengeance réclame la livre de chair, ou celui qui, à la suite des autres, et le danger écarté, l’accable d’un tourment de plus ?

Certes les points d’équilibre et de déséquilibre de LE MARCHAND DE VENISE sont difficiles à trouver et à actionner par la complexité des questions qui animent la pièce, mais la mise en scène de Pascal Faber donne une ennuyeuse impression de respect figé et d’inertie face à l’œuvre. À éviter si l’on a soif de découverte et d’étonnement.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

(Crédit photo : Compagnie 13)

au Théâtre de l’Oulle à 13h00

Festival OFF d’Avignon 2015

LE MARCHAND DE VENISE

Shakespeare

la Compagnie 13

Avec : Michel Papineschi, Philippe Bondelle, Séverine Cojannot, Frédéric Jeannot, Régis Vlachos, Charlotte Zotto
Mise en scène : Pascal Faber
Assistanat à la mise en scène : Bénédicte Bailby

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