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UNE CHAMBRE À SOI / m.e.s Sylvie Mongin-Algan

Adaptant l’essai A Room of One’s Own, de Virginia Woolf, publié en 1929, Sylvie Mongin-Algan met en scène la comédienne Anne de Boissy. UNE CHAMBRE À SOI est un projet de longue haleine, puisque sept ans ont séparé la résolution d’amener ce texte sur scène et sa création. La critique.

Amener sur scène la langue très écrite de Virginia Woolf, ses phrases longues, denses en idées aiguisées, en analyses, en appels à l’imagination du lecteur, c’est tout le défi de cette adaptation au théâtre de l’essai A Room of One’s Own.

Dans la radieuse réussite qu’est ce UNE CHAMBRE À SOI, la metteur en scène Sylvie Mongin-Algan, la comédienne Anne de Boissy et la scénographe Carmen Mariscal sont indissociables. Car non seulement la pensée de Virginia Woolf nous parvient de manière intelligible, mais elle s’exprime ici dans une spontanéité et une vivacité de trait, de style, stupéfiantes. 

Anne de Boissy —cheveux tirés, collerette rouge, chemise blanche, tailleur-pantalon bouffant noir,  collants noirs, bottines à lacets rouges [costume de Clara Ognibene]— nous apparaît dans une mise à la fois classique et libérée des conventions. À mesure qu’elle remontera les siècles, sur le thème « les femmes et le roman », elle s’affranchira de la collerette, puis de la veste, et fumera cigarette sur cigarette.

L’entoure une forêt de symboles plantée par la scénographe Carmen Mariscal. D’abord enfermée dans un parc garni d’une petite chaise, d’un cheval à bascule ou encore d’un boulier, elle relate la condition de ces femmes qui n’écrivaient pour personne d’autre qu’elles. Puis viendra notamment Jane Austen, qui faute d’une pièce où elle pourrait s’isoler (cela ne se fait pas), est contrainte de travailler dans le salon familial et d’y être dérangée. Mais les femmes, même si ces conditions de travail les restreignent au roman qui demande moins de concentration que la poésie ou le théâtre selon Woolf, n’écrivent plus seulement pour elles-mêmes, « elles sortent du parc ».

Le propos, brillant, trouve sa touche poétique, et surtout exhortant les femmes à créer quand se manifeste en elles une oeuvre, dans la figure imaginaire de Judith, sœur de Shakespeare, qui faute de pouvoir créer, se suicide.

UNE CHAMBRE À SOI s’affirme comme une passionnée et passionnante immersion en littérature, chez les femmes-auteurs.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au Théâtre Girasole à 15h40

Festival OFF d’Avignon 2015

UNE CHAMBRE À SOI

Compagnie les Trois-Huit

Avec : Anne de Boissy

Traduction : Clara Malraux
Mise en scène : Sylvie Mongin-Algan
Scénographie : Carmen Mariscal
Lumières : Yoann Tivoli
Son : Véronique Dubin
Costumes : Clara Ognibene
Régie : Jérémie Quintin
Assistante : Donia Badereddine

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5 réflexions sur “UNE CHAMBRE À SOI / m.e.s Sylvie Mongin-Algan

  1. J’ai beaucoup aimé. Je recommande. C’est fin (c’est Virginia Woolf quand même), agréable, fluide et intelligent. Belle représentation.

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