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LE COLLECTIONNEUR / m.e.s Céline Ronté et Thierry Jahn

Un homme dépose comme un ballot une femme aux mains liées, dans le sous-sol d’une maison. Il lui déclare l’aimer et ne vouloir en rien la violenter. Ils passent un accord : elle restera quelques semaines, ne le dénoncera pas, à condition qu’il la traite correctement. LE COLLECTIONNEUR est un thriller psychologique, d’après le roman THE COLLECTOR de John Fowles. La critique.

LE COLLECTIONNEUR restera l’un des mystères de ce Festival. Non pas par sa trame, qui n’a finalement rien de surprenant pour un lecteur ne serait-ce qu’occasionnel de polars. Là où réside le mystère, c’est dans le fait que Thierry Jahn, co-metteur en scène de la pièce, s’inflige (c’est lui le ravisseur), ainsi qu’à sa partenaire Elodie Menant, une mise en scène qui donne une seule impression : que les comédiens sont abandonnés à leur sort.

Il est évident que cette compagnie ne dispose pas de beaucoup de moyens, et doit se contenter d’un matériel fait de bric et de broc. Mais d’autres compagnies en pareille situation s’en sortent vaillamment par leur inventivité ou la résolution de jouer sans accessoire. Dans le COLLECTIONNEUR, la mise en scène de Céline Ronté et Thierry Jahn ne cherche jamais à contourner le problème du manque de moyens, elle s’y noie. Un thriller psychologique, où les scènes doivent s’enchaîner avec fluidité pour créer la tension, la maintenir et la faire monter, ne peut comme c’est le cas ici être sabordé par des transitions au bas mot désastreuses.

Les deux comédiens s’échinent, dans le noir mais aussi devant les yeux des spectateurs pris à témoin de leur galère, à décrocher un drap, à l’étendre plus ou moins convenablement, à déplacer des seaux, à cacher (mais mal) des sacs sur le côté de la scène… Et l’imagination du spectateur se brise sur des erreurs grossières. Les changements de pièce dans la maison sont matérialisés, sur le mur fixe qui fait office de décor, par la projection (de piètre qualité) de cadres où l’on voit des papillons. Certes, mais sur la scène, il reste tous les accessoires qui sont le quotidien de l’otage au sous-sol…

Ce désastre de mise en scène (on ne parlera pas de la scénographie, il n’y en a pas) est d’autant plus regrettable qu’au niveau du jeu, Elodie Menant et Thierry Jahn ne déméritent pas, elle en jeune fille qui cherche la faille chez son ravisseur, lui en inquiétant vieux garçon.
Un COLLECTIONNEUR à éviter soigneusement.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au Théâtre Buffon à 21h35

Festival OFF d’Avignon 2015

LE COLLECTIONNEUR

Compagnie La Bigarrure

De : John Fowles

Avec : Thierry Jahn, Elodie Menant
Mise en scène : Céline Ronté et Thierry Jahn
Décors : Yohann Jumeaux
Lumières : Philippe Marcq

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