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LA VISITE DE LA VIEILLE DAME / m.e.s Thomas Poulard

Güllen, petite ville de province. Ville délabrée, à bout de souffle, sans-le-sou. Une nouvelle tombe : Claire Zahanassian, originaire de Güllen, a décidé de s’y rendre, quarante ans après en être partie. LA VISITE DE LA VIEILLE DAME, devenue milliardaire en se mariant, agite les habitants qui voient en elle une possible mécène… La critique.

C’est tout le village de Güllen (son maire, son épicier, son chef de gare, et j’en passe, et même le gibier de ses bois), la vieille dame, sa suite, qu’à trois les comédiens Adeline Benamara, Sylvain Delcourt et Nicolas Giret-Famin vont faire vivre. Point besoin de changements de costumes qui casseraient le rythme : la plupart du temps, ils s’en acquittent tout en étant sur scène, avec pour seule variation un changement dans le port des bretelles, ou des lunettes, ou une perruque… Cette multiplicité des rôles est d’ailleurs l’objet du premier gag, réussi, de la pièce, Nicolas Giret-Famin prenant à témoin le public de l’importance de sa tâche lorsque défile la liste de ses rôles sur l’austère mur gris, égayé seulement par un mégaphone jaune, devant lequel l’ensemble des scènes se déroulera.

Le premier acte, où l’on fera notamment connaissance avec la fameuse vieille dame —dotée d’une prothèse de hanche et d’un bras en ivoire— ne manque d’ailleurs pas de sel et d’humour grinçant. Surtout, il se conclut par cette phrase de Claire Zahanassian, s’adressant à l’édile : « Je vous donne un milliard, et pour ce prix je m’achète la justice. » Cette phrase de prime abord énigmatique, on le comprend assez rapidement, sonne comme une sentence : la vieille dame est à Güllen pour se venger de l’un de ses habitants.

La pièce devient alors plus sombre tout en gagnant en intérêt. On voit en effet se mettre en place les mécanismes de la corruption. Certains habitants cèdent rapidement, d’autres par degrés. On leur voit de nouvelles chaussures, puis une dent en or, puis une fourrure. D’autres s’indignent des intentions de la vieille dame, mais finiront par laisser seul face à son triste sort celui que cible la vengeresse.

Les trois comédiens réalisent de beaux numéros de jonglage avec leurs multiples personnages. Thomas Poulard met en scène l’assèchement des âmes et la glaciation des cœurs avec une rigueur algide, à laquelle répondent en tout point la scénographie dépouillée de Benjamin Lebreton et les lumières de Bruno Marsol et Pierre Langlois. La vengeance façon Poulard reste, ici encore, un plat froid dont, bien exécuté, on reste friand.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au Petit Louvre Templiers à 13h05

Festival OFF d’Avignon 2015

LA VISITE DE LA VIEILLE DAME

Compagnie du Bonhomme

De : Friedrich Dürrenmatt

Avec : Adeline Benamara, Sylvain Delcourt, Nicolas Giret-Famin
Mise en scène : Thomas Poulard
Son : Benjamin Furbacco
Lumière : Pierre Langlois

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