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LE PRINCE TRAVESTI / m.e.s Daniel Mesguich

Lélio, de secrète origine princière, est aimé de deux femmes, la Princesse et son amie Hortense, cette dernière ayant sa préférence. Son succès à la Cour lui vaut la haine du ministre Frédéric, lequel veut utiliser le valet Arlequin pour arriver à ses fins. Ajoutons qu’un ambassadeur est venu de Castille pour obtenir la main, que sollicite son Roi, de la Princesse… Voici LE PRINCE TRAVESTI, de Marivaux, mis en scène par Daniel Mesguich.  La critique.

LE PRINCE TRAVESTI est un retour aux sources pour Daniel Mesguich. Il le mettait en scène, alors âgé de vingt-et-un ans et sa compagnie tout juste créée. Dans la version qu’il s’offre de nous faire découvrir aujourd’hui, Daniel Mesguich met en scène la versatilité. Les intermittences du cœur, le goût de l’argent, la fascination pour le pouvoir sont les leviers du texte de Marivaux qu’il actionne. Les personnages changent de parti et d’opinion, souvent et aisément. Pour certains, jusqu’à leur identité va changer.

Caprices des résolutions et revirements modifient sans cesse le prisme par lequel les rapports s’observent. Les miroirs même, qui garnissent les murs de la salle où tout se joue, obéissent à la dualité. Ne deviennent-ils pas glaces sans tain quand s’y lie un entretien dont rien ne devrait filtrer ?

Outre sa maestria à exprimer avec une finesse et une noirceur constantes la versatilité des personnages, Daniel Mesguich fait exploser les mots de Marivaux en feux d’abord colorés, mais vite recouverts de la sombre fumée de l’incertitude. Tout est sujet à interprétation.

Daniel Mesguich trouve dans les comédiens de sa compagnie d’exacts interprètes de sa lecture de l’oeuvre. Ceux-ci, richement dotés par les sublimes costumes de Dominique Louis, rendent tous les effets que doit produire la dualité. Sarah Mesguich [la Princesse] et Sterenn Guirrec [Hortense] donnent à voir un beau duel entre femmes, où les mots sont plus violents que ne le seraient les coups. Alexandre Levasseur joue à merveille un Arlequin que l’on croit d’abord bouffon, mais qui se révèle roué au possible. William Mesguich est étincelant de noirceur en Frédéric, l’âme la plus obscure de la pièce.

Du grand théâtre, assurément.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au Chêne Noir à 18h45

Festival OFF d’Avignon 2015

LE PRINCE TRAVESTI

Compagnie Miroir et métaphore

Avec :   Sarah Mesguich, Sterenn Guirriec, Grégory Corre, William Mesguich, Alexandre Levasseur, Rebecca Stella, Alexis Consolato  
Mise en scène : Daniel Mesguich

Assistanat à la mise en scène : Delphine Touchet
Costumes : Dominique Louis
Décor : Camille Ansquer
Lumières : Jean-Luc Chanonat
Son : Franck Berthoux
Maquillage : Eva Bouillaut
Régie : Angélique Bourcet

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5 réflexions sur “LE PRINCE TRAVESTI / m.e.s Daniel Mesguich

  1. Je partage entièrement vos commentaires à une réserve près et qui n’est pas des moindres. Comment un grand metteur en scène comme Daniel Mesguich peut il accepter que la diction de la belle Hortense (dont le jeu au demeurant est parfait) laisse tellement à désirer au niveau de sa diction. Elle crie (la princesse aussi mais dans une moindre mesure surtout au début de la pièce), n’articule pas, parle comme une mitrallette et en devient souvent inaudible. Ceci dit allez-y, c’est du très beau théâtre.

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