macbett_festival_avignon_off_2015

MACBETT / m.e.s Céline Sorin

Les Festivaliers qui ont déjà vu jouer la Fox Compagnie, que ce soit dans LE MÉDECIN MALGRÉ LUI, VOLPONE, DU VENT DANS LES BRANCHES DE SASSAFRAS ou même, accompagnant un enfant, SINDBÂD, ne pouvaient que se réjouir, après l’impasse de l’an dernier, du retour de cette compagnie aguerrie lors de la 50ème édition. La Fox Compagnie fait-elle des prodiges avec MACBETT de Ionesco ? La critique.

On reconnaît d’abord les marques de fabrique de la Fox Compagnie : des voix atypiques ; une importance, toujours marquée, donnée à la scénographie, avec des décors plutôt conséquents, mais modulables ; un soin particulier accordé aux costumes, souvent singuliers ; une utilisation du maquillage comme prolongement des costumes et du caractère des personnages ; le soutien de l’action par les créations musicales de Samir Dib.

La scène d’ouverture est dans la lignée de leurs meilleures trouvailles du passé. On voit un portant encombré de manteaux militaires, lesquels s’animent, laissant apparaître les barons Glamiss et Candor [joués par Yannick Rosset et François Julliard], tout bonnement suspendus à un cintre, réduits à l’état d’objets à disposition de l’Archiduc Duncan [Samir Dib].

Un virage vers la noirceur

Mais ce qui frappe rapidement, par rapport aux dernières créations de la compagnie, c’est un virage vers la noirceur. Il y a évidemment le propos de MACBETT qui incite à cela, mais la mise en scène de Céline Sorin, Lady Duncan et sorcière de la pièce, laisse ouvertement de côté la veine comique, ou burlesque, qu’il y a quelques années elle aurait tiré de certains passages. Si l’ascension de MacBett [Pierre-François Doireau] vers le pouvoir ne préserve aucun personnage du ridicule, le grotesque des uns et des autres ne fait pas rire puisqu’il participe au maintien du tyran en place, ou à son remplacement par un autre dont le but est de dépasser son prédécesseur dans le mal. Cette mise en scène de MACBETT, au rythme troublé par quelques blancs qui seront sans doute corrigés au fil des représentations, est clairement orientée vers le message politique. Duncan, puis MacBett, puis Macol, sont un condensé de ceux qui ont régné, ou qui règnent, ou qui régneront sur une population pour l’asservir plutôt que la servir.

Néanmoins, ce virage de la Fox Compagnie vers la noirceur, qui n’est peut-être qu’un détour d’ailleurs, ne saurait lui être reproché. La lecture de MACBETT présentée ici est tout à fait valable et cohérente, et les cinq comédiens prennent ce virage avec une belle assurance. Le MACBETT de la Fox Compagnie pourra certes surprendre les spectateurs qui ont vu leurs dernières créations, mais en aucun cas les décevoir.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au Théâtre La Luna à 14h30

Festival OFF d’Avignon 2015

MACBETT

Fox Compagnie

Avec : Samir Dib, Pierre-François Doireau, François Juillard, Yannick Rosset, Céline Sorin

Mise en scène : Céline Sorin

Scénographie : Daniel Martin
Costumes : Marie-Ange Soresina
Création lumières : Mathilde Foltier-Gueydan
Création Musique : Samir Dib
Maquillage : Johanita Mutter
Régie : Alexandre Niollet

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