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TANT QU’IL Y A LES MAINS DES HOMMES / m.e.s Violaine Arsac

Le manifeste humaniste est plutôt rare au théâtre, du moins si l’on exclut mièvreries, discours démagogiques et productions cyniquement commerciales qui tentent de se faire passer comme tel. Dans TANT QU’IL Y A LES MAINS DES HOMMES, pour aborder la piégeuse question de l’identité, Violaine Arsac convoque de grandes signatures (Nancy Huston, Amin Maalouf, Théodore Monod, Pablo Neruda…) La critique en direct du Festival OFF d’Avignon.

Cinq personnages en quête d’identité : une prostituée dont les jours sont comptés et qui se demande ce qu’elle peut retenir de sa vie [jouée par Nadège Perrier], un Arabe chrétien, chérissant l’écriture, qui ne sent plus véritablement d’attachement pour le pays où il est né et qu’il a jadis quitté, mais restant un étranger dans le pays où il vit [Slimane Kacioui], un peintre contraint à l’exil parce qu’il est homosexuel [Aliocha Itovich], un nomade philosophe qui étale ses connaissances avec une pointe de pédanterie [Olivier Bénard], une femme qui ne se sent pas vraiment femme [Violaine Arsac]… Cinq personnages qui s’esquissent d’abord isolément, par touches successives, et que les circonstances amènent à se rencontrer, et à toujours plus se dévoiler, à remonter le courant de leurs vies respectives, à exposer leurs failles.

Manifeste humaniste sincère, cette pièce est une rareté salvatrice

Leur empathie pour l’autre est peu commune. Leurs préoccupations ne sont pas bassement matérielles, ou seulement en apparence. Ils cherchent du sens, enrichissent la conversation autant qu’ils tentent de s’y enrichir. Comment expliquer des aspirations aussi inhabituelles ? S’ils sont des personnages en quête d’identité, ils ne sont pas en quête d’auteurs. À travers monologues et conversations, on entend la voix de Tahar Ben Jelloun, Christian Bobin, Romain Gary, Nancy Huston, Amin Maalouf, Théodore Monod, Pablo Neruda ou encore Leila Sebbar. Des auteurs dont le souffle porte leurs questionnements, dans un adroit assemblage, Violaine Arsac y glissant sa plume sans que l’on voit les coutures. Elle y ajoute aussi, au gré de passages dont un très technique qui ouvre le dernier tiers de la pièce, voix en canon plaquées sur les mouvements et la musique, les chorégraphies signées par Olivier Bénard.

Il faut du courage pour monter ce type de spectacle, pour affirmer avec sincérité sa part d’humanité, tandis que le seuil de tolérance est à marée basse et que le concept de guerre de civilisations revient en échos réguliers. Violaine Arsac et les quatre comédiens qui l’entourent, tous très justes dans leur jeu, ne forçant jamais le trait, prouvent que le théâtre peut encore servir, avec honnêteté, à guider le spectateur vers une vie où, comme l’énonce l’un des personnages, « entre la peur et la foi, je choisis la foi ».

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

au théâtre La Luna à 12h45

Festival OFF d’Avignon 2015

TANT QU’IL Y A LES MAINS DES HOMMES

Le théâtre des possibles

Textes : Tahar Ben Jelloun, Christian Bobin, Romain Gary, Nancy Huston, Amin Maalouf, Théodore Monod, Pablo Neruda, Leila Sebbar

Avec : Violaine Arsac, Olivier Bénard, Aliocha Itovich, Slimane Kacioui, Nadège Perrier
Adaptation et mise en scène : Violaine Arsac
Chorégraphies : Olivier Bénard
Lumières : Rémi Saintot
Décors : Tanguy de Saint-Seine
Costumes : Janie Loriault

Avec les soutiens de l’Adami, la Ville de Montrouge et le Théâtre La Luna.

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