LE TEMPS SUSPENDU DE THURAM-off D.Bernard-R.Tribord C_Soylé

LE TEMPS SUSPENDU DE THURAM / m.e.s Alain Timár

L’Artchipel présente LE TEMPS SUSPENDU DE THURAM à 11h00 au Théâtre des Halles lors du Festival OFF d’Avignon 2014. La critique.

Une pièce encombrée de meubles et objets disparates. Sur une chaise, ligoté, bâillonné, la tête dissimulée par un sac de toile, un homme, bientôt rejoint par son geôlier. Le détenu n’est autre que Lilian Thuram [joué par Ricky Tribord], venu en Guadeloupe inaugurer une école portant son nom. Le ravisseur, Eugène [Dominik Bernard], est un homme à bout, dont la trajectoire est jalonnée de déconvenues. Il annonce à Thuram, qui lui propose de l’argent, ne réclamer aucune rançon.

La vie de Thuram est mise sur pause. Son ravisseur exige que ce temps suspendu soit consacré à la réflexion. Une réflexion à propos de son identité qui doit l’amener à partir en mission aux côtés d’Eugène, afin de convaincre chacun de redevenir celui qu’on l’empêche d’être. Vaste programme.

Alain Timár, sur un texte de Véronique Kanor, met en scène un huis-clos et un face-à-face. Un sentiment d’oppression se dégage du confinement de l’espace, de l’enchevêtrement de meubles qui enserrent Thuram, d’abord privé de mouvements puis aux mouvements limités. Les absences répétées d’Eugène le plongent dans le noir. Et la menace physique que fait peser sur lui ce dernier est tangible.

Les dialogues, et c’est heureux parce qu’ils représentent l’essentiel du texte, sont de bonne tenue, du moins ils préservent le propos de tourner à l’abscons. Les monologues sont étonnamment faibles en comparaison. Difficile de croire que le détenu se lance dans une mièvre prière, d’ailleurs prononcée sans conviction par le comédien Ricky Tribord, sitôt seul et débâillonné.

La direction d’acteur aurait pu conduire à davantage de nuances, surtout dans l’interprétation de la fébrilité d’Eugène. On a droit à une fatigante alternance de phrases haletantes et de reniflements, tandis que Dominik Bernard laisse entrevoir un  jeu plus fourni.

La chute, surprenante, laisse libre cours aux suppositions. Pour amateurs de huis-clos pesant.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

Crédit photo: Soylé
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