on_badine_pas_avec_amour_avignon_off

ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR / m.e.s Christophe Thiry

La Compagnie L’Attrape Théâtre présente ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR au Théâtre des Lucioles à 15h55 lors du Festival OFF d’Avignon 2014. La critique.

Le festivalier qui aime conserver de belles images en gardera certainement de tenaces de cette mise en scène, par Christophe Thiry, de ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR.

Harmonie, raffinement et élégance règnent ici : les costumes, à la coupe moderne, sont blancs et lin ; les mouvements obéissent à des chorégraphies emplies de grâce, des sarabandes savamment étudiées, exécutées sur un plateau vierge où se fondent des tabourets ; les tableaux sont nés d’un œil de peintre, ici une jeune fille figée en statue de fontaine, là un groupe savamment composé ; les personnages féminins, y compris la vénérable Dame Pluche [Lucile Durant], ont la peau fraîche comme la rosée ; le chœur subit le même sort charmant, changé en une jeune fille [Koso Morina] ; Bridaine [Francis Bolela] est neuf et athlétique ; enfin, la diction est lentement posée, une douce brise qui effleure l’eau de la fontaine.

Une telle recherche de la beauté a son pendant: celui qui a lu certains passages de ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR, les commentaires acerbes du chœur, ou le duel à distance entre Blazius et Bridaine, en pensant qu’ils figurent parmi les plus drôles du répertoire français, n’entendra rien qui le fasse s’égayer. Certes le rire n’a pas besoin de tambours pour s’élever, mais il ne peut se contenter de bruissements de feuilles.

Un parti sans doute pris en toute connaissance de cause : tout ce calme et toute cette harmonie semblent avoir été ménagés pour offrir le contraste le plus saisissant avec le bouquet final, qui des roses ne conserve que les épines. La dernière partie est ainsi la plus intéressante : l’intensité dramatique complète les louables qualités visuelles lorsque le triangle amoureux Perdigan [Sébastien Ehlinger] – Camille [Anna Sorin] – Rosette [Marion Guy] se jette dans ses derniers retranchements.

Un très bel objet que ce ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR,  dont on aurait pu souhaiter qu’il vibre d’un son d’abord joyeux avant que son tintement se fasse, comme il se doit, plus sombre.

—Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

Crédit-photo: BM Palazo
Publicités

Votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s