MEMOIRES D’HADRIEN / m.e.s Jean Pétrement

La Compagnie Bacchus présente MÉMOIRES D’HADRIEN à 15h05 au Théâtre du Roi René lors du Festival OFF d’Avignon 2014. La critique.

L’Empereur Hadrien [joué avec conviction par Jean Pétrement] se meurt. Il rassemble ses dernières forces pour dicter ses mémoires au jeune Antoine [Issame Chayle], fils ambitieux de notables romains épris de l’esclave grecque Elixa [Elisa Oriol], qui prend soin en ces derniers moments de son maître.

Dans cette mise en scène de Jean Pétrement, sur un texte qu’il a adapté des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar et de Antinuoüs de Fernando Pessoa, les enjeux dramatiques sont multiples. S’oppose l’expérience d’Hadrien à la jeunesse et à la fougue d’Antoine et Elixa, dont les commentaires politiques sont retoqués d’un ton péremptoire par l’Empereur. Bien qu’Antoine déclare son amour à Elixa, une forme d’opposition naît entre eux par leur différence de situation. Un quatrième personnage, une évocation de l’Impératrice Plotine [Maria Vendola], femme du précédent Empereur, introduit la poésie au sein du propos politique et dans un contexte de mort prochaine.

Le dispositif scénique est épuré : quelques marches près desquelles on devine un bassin, un pupitre, une colonne où est posé un plateau, un rideau, une fresque. Un dispositif minimaliste qui s’intègre parfaitement au cadre qu’offre la vénérable salle du Roi René, à l’acoustique facétieuse.

Elixa ne quitte guère l’escalier que pour vaquer dans une autre salle. Antoine est rivé à son pupitre. Plotine a la fixité d’un spectre déclamant. Le mouvement reste l’apanage d’Hadrien, qui fait ses derniers cent pas avant de se résigner. La diction et le maintien des comédiens sont d’une louable facture classique. La charmante Elisa Oriol y ajoute un supplément d’âme, il est vrai dans un rôle tourné vers la revendication.

Par son niveau de langue élevé, son sujet et sa tonalité classique, MÉMOIRES D’HADRIEN s’adresse plutôt à un public connaisseur. Les puristes s’étonneront peut-être des atours modernes des deux personnages masculins, mais verront sans doute en MÉMOIRES D’HADRIEN une pièce d’un classicisme racé.

 —Walter Géhin, PLUSDEOFF.com

Crédit photo: Compagnie Bacchus
Publicités

4 réflexions sur “MEMOIRES D’HADRIEN / m.e.s Jean Pétrement

  1. Vu en 2017 nouvelle version au théâtre des corps saints (très confortable…trop confortable) , je rejoins Dilettante, le complexe en moins: malgré un travail indéniable et le métier des acteurs: Pédant et laborieux, plus simplement « chiant à mourir », du théâtre qui se regarde le nombril…, je me suis endormi deux fois! Mon fils se nomme Hadrien en l’honneur de l’œuvre de Yourcenar livre culte de mes 20 ans… quelle DECEPTION!

Votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s