LES JUMEAUX VENITIENS / m.e.s Anthony Magnier

La compagnie Viva présente « Les jumeaux vénitiens » au Petit Louvre Templiers à 21h50 dans le cadre du Avignon OFF 2013. La critique.

 

Le Vénitien Tonino [joué par Anthony Magnier], homme de beaucoup d’esprit et d’honneur, recherche dans Vérone son grand amour, la brune Béatrice [Emilie Blon-Metzinger]. Il ignore que se trouve aussi à Vérone son jumeau Zanetto [également Anthony Magnier], venu de Bergame afin d’épouser la blonde Rosaura [Sandra Parra], fille du riche Maître Balanzoni [Sophie Dufouleur]. Zanetto ne possède pas les qualités de son jumeau : il est aussi nigaud que couard.

Des jumeaux présents dans la même ville tout en ignorant leur présence respective, l’un qui emprunte le nom de l’autre pour mieux atteindre son but, et voilà qu’on prend Tonino pour Zanetto, et Zanetto pour Tonino, dans une succession de quiproquos délectables pimentés par leurs différences de caractère.

Si l’histoire et le texte sont de l’un des maîtres italiens du 18ème siècle, Carlo Goldoni, la mise en scène que signe Anthony Magnier est d’une audace, dans son ton et son esthétique, qui renouvelle totalement la pièce.

Une imposante enseigne lumineuse posée au milieu de la scène fait briller de mille feux le nom « Vérone ». Mais évoque en même temps un club new-yorkais des années 20. On retrouvera ce mélange d’influences, entre nouvelle comédie italienne du 18ème siècle où brûle encore un peu de Commedia dell’Arte, et Cotton Club de Harlem, dans les costumes. Tout indiqués pour danser sur les rythmes « années folles » composés pour la pièce par Mathias Castagné, à bien les regarder on y retrouve cependant des bribes de Commedia, comme dans le gilet d’Arlequin.

La fonction de l’enseigne lumineuse va au-delà du décorum. Sa structure métallique se substitue aux bancs de la Commedia dell’Arte, les comédiens attendant d’entrer en scène s’y perchant. Mais avec une différence par rapport à la Commedia, puisqu’ils adoptent des poses et des postures qui marquent leur caractère.

La pièce est plus qu’enlevée, c’est une typique folle journée de Commedia dans une ambiance « années folles ». Anthony Magnier jongle avec maestria avec ses jumeaux dépareillés. Emilie Blon-Metzinger (Béatrice) est un volcan qui finit par entrer en éruption dans une mémorable scène où elle est aux prises avec ses escarpins. Sandra Parra (Rosaura) mêle charme et crédulité. Axel Drhey apporte la touche comique d’un Arlequin à la voix de fausset. Gaspard Fasulo est un inquiétant Pancrace, ecclésiastique tout en noirceur et en lubricité. Céline Bouchard est, comme il se doit pour une servante, piquante et rouée.  Benjamin Brenière est un Lélio aussi menaçant que ridicule.

Pur plaisir de comédie, « Les jumeaux vénitiens » s’impose comme l’une des incontournables pièces du OFF 2013.

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